La coquille vide .


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Parfois, je suis une coquille vide.

 

Une enveloppe corporelle, avec ses sens, mais sans aucun intérêt … Ces jours-là, mon corps se mue comme à l’accoutumer sans que je n’aie aucun contrôle, aucune envie de le contrôler. Mes lèvres bougent, des sons en sortent, mais je ne sais pas vraiment ce qu’ils disent. Je respire de façon mécanique, mon corps, le fait tout seul, mes yeux scrutent les gens, les lieux, sans vraiment les voir.Mes poumons sont en feu, comme s’ils luttaient pour ne pas se noyer, tout est en mode survie, en fonction vivre automatique .

 Car mon cœur et mon esprit sont ailleurs, loin, très loin, trop loin pour prêter attention au reste. J’entends parfois des bribes de conversation, je ne prends que celles qui me réconfortent, m’apaisent. Je laisse passer celles qui vont me blesser, les inutiles, les énervantes. Je laisse aussi passer celles qui comparent ma douleur à une autre. Jamais personne n’aura la même douleur qu’une autre, quel que soit l’évènement. Cet isolement est salutaire, il est nécessaire à ma survie. 

Ces jours-là, où je suis cette coquille vide, seul les personnes qui me connaissent bien s’en aperçoivent, car le sourire affiché sur mon visage est un simulacre, il est présent, mais plus pâle qu’à l’accoutumée. Il sert à détourner les gens de ma coquille vide, à ne pas pousser à l’apitoiement, je n’en ai pas besoin. Au mieux, j’aurais besoin d’un geste tendre, d’un câlin, d’une main tendue en silence. Mais je ne veux pas lire dans leurs yeux, la pitié, l’incompréhension ou même l’agacement.

Et puis, le temps passant, les gens pensent qu’il est temps de ne plus avoir ces jours de coquille vide. Mais ces jours seront présents encore longtemps, je le sais. J’en aurais encore besoin, besoin de m’isoler dans un recoin de mon esprit comme dans ces films où un esprit flotte au-dessus de son propre corps. Je sais pertinemment que certaines choses me ramènent comme sur Terre, mes fils lorsqu’ils viennent me câliner, comme s’ils sentaient que je m’éloignais trop longtemps, mon chéri qui sait que juste ses bras autour de moi aident les larmes à couler et à me faire revenir  .

 

Oui, je serais une coquille vide au moins une fois par mois, une coquille vide qui ne pensera qu’à Lui, qu’à mon présent sans Lui, qu’au futur que nous aurions dû avoir avec Lui, au passé qui nous l a pris Lui . J’aurais cette parenthèse pour moi et Lui, pour nous 2. Pour pleurer, pour crier sans bruit, pour exploser en mille morceaux sans blesser personne d’autre que moi et son papa. 

 

 
Chaque 17, de chaque mois, de chaque année, je serais une coquille vide …


5 réflexions sur “La coquille vide .

  1. Ton article est bouleversant et soulève un ressenti que seuls les couples qui ont connu cette épreuve peuvent comprendre…Plein de câlinous de réconfort made in le sud

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