L’homme-enfant …


 

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Bonjour les chatons ! 
Comme tu as pu le constater, je n’étais pas très présente la semaine dernière. Des soucis de santé, rien de grave en soit juste 72 h de douleurs similaires à des contractions qui me donnaient l’impression que l’accouchement était une promenade de santé. J’ai dû me rendre deux fois aux urgences, tout cela pour te parler d’une jolie rencontre qui m’a fait ouvrir les yeux sur pas mal de choses. Allez, je te recadre le truc !

 

Le lendemain de ma première visite aux urgences, j’ai dû à nouveau me rendre aux urgences. J’étais dans un tel état que l’infirmière m’a directement prise en charge (mise dans un box, prise de sang, perfusion de spasfon et paracétamol et un autre truc) ce qui dans mon hôpital est hyper rare, car à moins de te vider de ton sang et encore, tu attends en salle d’attente. Bref, une fois installée, j’entends les infirmières s’affoler : on a la salle de déchoc à préparer, faites descendre du sang, c’est grave, le SAMU arrive ! Je me suis cru un instant dans Urgences, bon sans Georges Clooney et cie mais presque pareil. On m’emporte au scanner, et là la radiologue de garde s’excuse, elle court prendre des radios de l’arrivant du SAMU. Une porte est ouverte, et je vois le médecin radiologue interprété en temps réel tout ce qui arrive sur son écran … Je vois celle de l’arrivant, et même en étant pas docteur, je comprends que ce n’est pas terrible, que c’est même affreux.La radiologue revient, lance le scanner et là, les brancardiers discutent entre eux de l’arrivant : il a sauté d’un immeuble… Je me mets à espérer qu’il s’en sorte sans le connaitre. Retour aux urgences plus de box, je patiente donc sur mon lit avec d’autres femmes de tout âges. J’entends les voix des infirmières et docteurs qui tentent de ramener l’arrivant à la vie, mais, au bout de 45 min une infirmière de réanimation sors lentement, se dirige lentement vers la salle d’attente des urgences, et là un cri que seuls ceux qui l’ont poussé peuvent reconnaitre retentit : sa mère était là et elle sait qu’il est parti ! Mes larmes coulent, car je sais ce qu’elle ressent à ce moment précis, je sais que ce cri inhumain est le sien et tout ce qui l’englobe. Ma décision est prise, quoiqu’ils me trouvent, je ne dors pas ici, je ne reste pas dans cet endroit où j’ai perdu mon fils, où une autre mère vient de perdre le sien. Une heure passe, on tente avec la dame d’à côté de parler de tout et n’importe quoi, mais surtout pas de ce qui vient d’arriver. 

 

Alors un nouvel patient arrive vers nous, il s’est salement coupé, et attend des points de suture. Au premier regard, il me sourit : c’est un homme à l’esprit d’enfant. Il me dit bonjour, me demande pourquoi je suis là, et me montre sa coupure. Il regarde toutes les patientes présentes et nous dit gentiment : les femmes, vous êtes toutes belles comme des roses bleues ! Une jeune fille et sa mère font mine de l’ignorer, moi, je le trouve touchant, gentil, il parle à une mamie, il lui explique qu’elle rentrera bientôt et que ses petits-enfants seront ravis de la retrouver. Ensuite, on échange tous les 2 (je suis hélas la seule à lui répondre ) et il aperçoit mon tatouage.
« Il est trop beau ton papillon bleu madame ! 
Merci, c’est très gentil ! 
Il veut dire quoi ?
Euh, c’est un peu compliqué …
Ah d’accord ! C’est un ange madame ! « 

Je suis surprise, sans rien dire, il a compris ou vu ou je ne sais quoi su le pourquoi de mon tatouage. Nous continuons à parler, il me dit que mon mari sera content quand je rentrerai (ce dont je doute vu que pour une fois, il a le lit pour lui seul lol) . Ma doc arrive alors, elle a vu le scanner, elle veut que je reste à l’hôpital cette nuit, une chambre m’attend … Là, je m’effondre, hors de questions, je rentre chez moi. Elle m’informe alors que cela sera contre avis médical . J’accepte en continuant de pleurer. 
Mon homme-enfant attend qu’elle parte, me regarde et me dît alors ceci :
« – Tu sais madame, il faut que tu restes si tu es malade ! Tes enfants veulent une maman guérie ! Moi ma maman s’inquiète quand je suis dehors la nuit et elle pleure, mais si je suis ici elle ne pleure pas car je guéris ! 
je ne peux pas, c’est gentil, mais c’est trop dur !
Bah, je peux demander à ma maman de rester avec toi si t’as peur ! « 

Là, une infirmière me ramène dans un box pour que je signe ma décharge, et je me mets à penser à notre conversation avec celui qui restera désormais mon homme-enfant. Il a raison, mes enfants ont besoin de moi en pleine forme, pas pleurnichant de douleur. Les larmes aux yeux, je préviens l’infirmière que je reste, que j’accepte de passer la nuit dans ce qui est pour moi l’enfer. 

 

Tout ce long billet pour t’expliquer que bien souvent mon homme-enfant comme je l’appelle est dénigré,  moqué, voir déprécier avec des mots tels que : débile, handicapé du cerveau, mongole, neuneu, taré, triso, et j’en passe.
Mais que pour moi cet homme-enfant a été d’un plus grand réconfort que toutes les personnes dites « normales  » . Alors avant de déprécier les gens sans les connaitre, écoutez les et voyez leur beauté !

Sept à la maison.


2 réflexions sur “L’homme-enfant …

  1. Hello,

    La tolérance est une chose qui se perd. Les gens se plaignent que tout le monde fait la gueule, mais quand tu veux leur parler, personne ne répond car c’est une agression !

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